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CFGL Bulletin-é
No 9, printemps 2010
Les forêts sont de plus en plus sollicitées et doivent fournir une variété grandissante de produits tout en continuant d’offrir des avantages sociétaux et économiques. Par le passé, la fibre ligneuse provenait principalement de la forêt publique du Canada, mais au cours des dernières années, les plantations pouvant être établies sur des terres n’ayant pas porté récemment de forêt (boisement) ont soulevé un regain d’intérêt. Ce dernier peut être attribué en partie aux discussions internationales au sujet du rôle des arbres dans le piégeage du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère, qui réduit les effets du réchauffement climatique. De plus, l’utilisation de bois à des fins de production de bioénergie et d’autres bioproduits suscite également un regain d’intérêt.
La plantation d’arbres dans des friches pourrait être plus efficace à titre de puits de carbone que les herbes et arbustes et pourrait valoir des « crédits de carbone » au propriétaire de la forêt ou aux investisseurs. Les arbres cultivés dans des plantations spécialisées peuvent remplacer des sources de combustibles fossiles non durables, comme le charbon, et être une bonne source de fibres de bois pour les produits spécialisés, comme la lignine, les colles et les produits pharmaceutiques. De plus, ces arbres peuvent réduire la pression exercée sur la forêt publique et fournir une autre source de produits dérivés du bois, souvent situées plus près des installations de transformation, ce qui réduit en plus les coûts de transport.
Les chercheurs du CFGL ont établi et évalué 1 200 hectares de plantations de démonstration d’arbres à croissance rapide au milieu des années 2000 dans le but de vérifier et d’améliorer les données biologiques sur des essences de conifères et de feuillus, et d’analyser les possibilités d’investissement privé à grande échelle dans les futures plantations. Ces essences ont été sélectionnées pour leur capacité de parvenir à maturité et de pouvoir être récoltées en l’espace de 20 à 40 ans, une période beaucoup plus courte que la révolution moyenne des essences commerciales au Canada. Ces plantations produisent notamment des billes de sciage et des billes à pâte, mais également, par exemple, des billes aptes à être transformées en placages et d’autres produits comme des agents biochimiques.
À l’aide de connaissances et de données provenant de nombreuses sources, dont les plantations de démonstrations, le personnel a rédigé un résumé des meilleures pratiques de boisement en Ontario et a mis au point des modèles pour évaluer la faisabilité économique de ces plantations dans de nombreux paysages et emplacements géographiques. D’après les résultats d’analyse des modèles, les plantations à croissance rapide destinées à la seule production de biofibres ne sont pas des investissements concurrentiels dans les conditions actuelles du marché, mais leur situation peut être bonifiée en y ajoutant des produits connexes comme des crédits de carbone à un prix suffisamment intéressant ou des biocarburants. Pour de plus amples renseignements, consultez l’article du Forestry Chronicle intitulé « A Retrospective and Lessons Learned from Natural Resources Canada’s Forest 2020 Afforestation Initiative » (bientôt publié), et le site Web du SCF (http://scf.rncan.gc.ca/soussite/analysepolitique/programmeforet2020), qui donne accès à des dizaines de rapports à ce sujet.
Plus récemment, des chercheurs du CFGL ont examiné la faisabilité de plantations d’hybrides de saule et de peuplier à densité élevée et à révolution de trois ou quatre ans, mettant l’accent sur l’énergie. L’intérêt soulevé par de telles plantations s’est intensifié dans les années 1970 en Amérique du Nord. Cependant, à l’heure actuelle, les clones, les pratiques culturales et les outils de récolte disponibles ont évolué à un tel point qu’un nouvel examen des cultures à courte révolution s’imposait. Ces plantations sont généralement destinées à la production de la matière première nécessaire aux biocarburants, mais peuvent également être une source d’autres produits, comme des biohuiles et des produits biochimiques.
Les chercheurs du CFGL ont réalisé des évaluations de la faisabilité économique du boisement (révolution courte et moyenne) à des fins bioénergétiques, de production de fibres entrant dans les produits du bois ou les produits de papier, de piégeage du carbone et d’obtention d’autres avantages sur le plan de l’environnement. Ces analyses ont été réalisées à l’aide de modèles élaborés par les chercheurs du CFGL. Il s’agit du modèle de faisabilité du boisement du Service canadien des forêts (SCF-MFB) et du modèle de bioéconomie forestière (SCF-MBF), plus avancé, qui utilise des périodes de prévision spécifiques et un modèle de piégeage du carbone amélioré et très sophistiqué.
Les modèles montrent que l’interaction entre plusieurs facteurs influe sur l’attrait économique des plantations bioénergétiques à révolution plus courte et à densité plus élevée. Ces facteurs sont notamment les conditions stationnelles, les coûts d’établissement et de gestion, les taux de croissance, les coûts de récolte et de livraison et la proximité relative des installations de production de bioénergie et des marchés. Les coûts de renonciation aux terres représentent aussi un élément non négligeable si les propriétaires fonciers convertissent une terre agricole en forêt.
Ces recherches ont été entreprises par l’équipe de Dan McKenney, Denys Yemshanov et Darren Allen. Pour de plus amples renseignements sur la recherche concernant les plantations spécialisées, consultez le CFGL.